jeudi 26 mars 2020

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Elle aimerait tellement, pourtant, en cette heure, croiser le regard de son père, avoir accès au beau mystère de son visage. Ce n’est que maintenant, alors qu’il s’est retiré à jamais de ce monde, qu’elle entrevoit ce qu’elle n’a pas su voir du temps où il se tenait dans la clarté du visible – dans la fausse évidence du visible.

Faut-il que tout soit consommé, consumé, d’un vivant pour que l’invisible où il s’en est allé une lumière nouvelle, à la fois ténue et très pure, commence à sourdre, à s’épancher, bouleversant en secret le visible ?
Ce n’est que maintenant qu’elle pressent combien est ample, inépuisable, le mystère d’un visage, d’une vie.


Sylvie Germain.

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