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jeudi 27 avril 2017





La fatigue nourrit mon désir, mais mon désir est comme un horizon : chaque jour, s’y couche et s’y cache un soleil que j’apprends à connaître à mesure qu’il me fuit.
 W. Lambersy.



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En ligne sur Amazon et à la Fnac
ISBN :
978-2810624195
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mercredi 26 avril 2017






















Il goûte le bonheur que connaissent les dieux
Celui qui peut auprès de toi
Se tenir et te regarder,
Celui qui peut goûter la douceur de ta voix,
Celui que peut toucher la magie de ton rire,
Mais moi, ce rire, je le sais,
Il fait fondre mon cœur en moi.
Ah ! moi, sais-tu, si je te vois,
Fût-ce une seconde aussi brève,
Tout à coup alors sur mes lèvres,
Expire sans force ma joie.

Sapho.


mardi 25 avril 2017




Quand je vois dans un jardin
Au matin
S'éclore une fleur nouvelle,
Je compare le bouton
Au téton
De son beau sein qui pommelle.


Pierre de Ronsard

lundi 24 avril 2017




Au temps où j’écoutais mûrir les mirabelles, je voyais le soleil caresser tous les fruits, dorer toutes les rondeurs, polir toutes les richesses. Le vert ruisseau, dans sa légère cascade, ébranlait les cloches de l’ancolie. Un son bleu s’envolait. La grappe des fleurs lançait sans fin des trilles dans le ciel bleu.

Gaston Bachelard - L'Eau et les Rêves

dimanche 23 avril 2017





Je crois en l’homme, cette ordure,
je crois en l’homme, ce fumier,
ce sable mouvant, cette eau morte ;

je crois en l’homme, ce tordu,
cette vessie de vanité ;
je crois en l’homme, cette pommade,
ce grelot, cette plume au vent,
ce boutefeu, ce fouille-merde ;
je crois en l’homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
de mortel et d’irréparable,
je crois en lui,
pour la sûreté de sa main,
pour son goût de la liberté,
pour le jeu de sa fantaisie,

pour son vertige devant l’étoile,
je crois en lui
pour le sel de son amitié,
pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
pour le simple accueil d’un berger.

Lucien Jacques

samedi 22 avril 2017






Éblouissante était ma rue.
Des années se sont écoulées. J’ai un peu appris, beaucoup voyagé, connu d’autres lumières, c’est-à-dire, selon les ciels, les soleils et les mers, dénombré les gammes incomparables de la clarté nécessaire à l’homme comme à la plante. Mais rien, ni la nature, ni les livres, ne m’a laissé le souvenir de cette sensation de blancheur forte, implacable, immuable, du soleil de ma rue.

Sans doute cet éblouissement n'était-il qu'intérieur, ou n'existe-t-il que dans les métamorphoses de la mémoire, et de sa réalité ne puis-je être sûr. Mais cette salutation solaire était celle de la vie. J'avais dix ans et pour la première fois, je ressentais la vie : elle s'annonçait avec une première blessure; du végétal je passai à l'animal, à la bête séparée de la bête ; et parce que j'étais un petit des hommes et non un jeune chat, une larme finissait de sécher sur ma joue.
Oui, éblouissante , avec ses immeubles gris que le soleil peignait en blanc, ses pavés nacrés sertissant l'herbe verte, ses bornes qui préservaient sa solitude. Éblouissante au point de fixer les instants sur le négatif de la mémoire. À jamais. Et je revois cet enfant frémissant et pur en face des premières tragédies, avec un tremblement de paupières, un battement particulier du cœur, non comme s'il était moi-même, mais comme s'il s'agissait de mon propre enfant, dissous jadis dans trop de lumière blanche. Le monde alors était pourtant joyeux...

Les allumettes suédoises,
Robert Sabatier.